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INTERWIEW DU 12 Septembre 2004 à Beijing (interwiew traduite de l'anglais par Mélanie que je remercie beaucoup pour son travail!)
“A Kid in one hand and a Beer in the other – Sensitive New Age Guy Safin declines to discuss about the tournament”
Avec l'aide du traducteur l'attachant Safin raconte ses vérités!Pendant la discussion le journaliste a vraiment senti que le Safin assis devant lui n'était vraiment pas "bâton de dynamite" si célèbre qui casse ses raquettes sur un cours mais une personne qui a de grands espoirs dans la vie et un très bon goût pour les femmes.
"Je suis vraiment touché par l'enthousiasme des fans chinois".
En Novembre l'année dernière Marat SAFIN a voyagé à Bijing avec le thaïlandais Paradorn SRICHAPAN sur invitation des organisateurs du tournoi pour la promotion du tournoi! Les 2 joueurs étaient aussi les premières
"super stars" à s'inscrire à l'édition de cette année de l'open de chine.
En retournant à Bejing cette année Safin avoue qu'il est comme avant, vraiment excité et que cette visite des rues de Bejing couvertes de neige l'année dernière lui rappelle encore d'excellents souvenirs. Safin dit "L'année
dernière je me suis vraiment amusé avec Srichapan. Cette jolie ville me
laisse une excellente impression. Pendant ma visite l'année dernière j(ai été surpris de découvrir que j'avais autant de fans en chine! En arrivant à l'aéroport aujourd'hui il y avait aussi beaucoups de fans qui m'ont reçu et ça
me touche vraiment ! Le terrain est très rapide cette année et je ne peux pas garantir que je pourrais faire de bon résultats mais j'espère que je pourrais effectuer une bonne performance...". (Ce qu'il a fait NDLW)
"Je sacrifierai le tennis pour ma famille...".
Comme le savent beaucoup de fans il y avait autrefois une jolie femme du nom de Silvia derrière Safin ! Les 2 se sont séparés l'année dernière ce qui a laissé Safin vraiment abbatu pendant un moment! Mais cette année à l'australian open le monde du tennis a soudain découvert cette autre russe qui a joint l'entourage de Safin : Sasha! ! Safin 24 ans admit qu il etait avec Dasha après une question persistante d'un journaliste ! A la demande du reporter le joueur de tennis a fait une liste des 5 choses les plus importantes dans sa vie : la famile la tennis les amis la bière et les
petites amies!
Safin a répondu malicieusement "En premier ça serait ma famille qui inclue ma petite
amie ! Ensuite ça serait mes amis suivis du tennis et finalement la bière! Safin confie qu'il est vraiment sérieux dans ses relations amoureuses et donc qu'il a été vraiment triste
après avoir rompu avec Silvia ! Ca a par la meme eu l'effet qu'il chérisse son actuelle relation! Safin dit aussi que si il devait construire une famille et surtout si il devait avoir des enfants il se retirerait très certainement
du monde du tennis et arréterait les nombreux et fréquents voyages pour aimer sa vie!
"Le mariage et les enfants! Je pense que j'aimerait avoir environ
2 enfants!" Safin admet ses ambitions honnétement "J ai l'idée d aimer ma vie de famille...".
"Plus de beaux mecs que de belles femmes sur le circuit!".
Quel que soit le lieu sur le court ou dans la vie le beau Safin a toujours attiré l'attention des fans femmes et il est toujours supporté par un public immense de femmes passionées (mdr)! Safin en est vraiment touché mais d'un autre coté il a peur que sa copine devienne jalouse ! Pendant l'interview Safin demanda au journaliste "Est ce que tu pense que je suis beau?" Le journaliste a repondu positivement et a aussi informé Safin de se regarder un peu dans le miroir".
Safin sourri et rétorqua alors "Mon dieu comme ça des mecs peuvent se regarder dans un miroir ! C'est juste les femmes qui font ca!" Retrouvant son sérieu Safin continua "Je crois qu'il y a beaucoup plus de beaux joueurs que de belles
joueuses au tennis! Il y a aussi quelques belles femmes sur le WTA tour mais il y a énormément de beaux mecs sur le ATP tour ! Par exemple HAAS HEWITT RODDICK ou PHILIPOUSSIS!"
Quand il fut interrogé par les journalistes si il ferait comme Anna KOURNIKOVA pour gagner beaucoup d'argent en dehors du tennis il dit "Définitivement je ne ferais pas ça ! De nombreux représentants sont venus me voir mais je ne suis pas interessé! Je suis juste interessé par le tennis et la bière ! Je désire
ardemment vivre en paix ! C'est aussi pourquoi je m'efforce d etre comme Sampras et pas comme Agassi parce que Sampras est aussi quelqu'un qui désire être loin des feux de la gloire".
"Un enfant dans une main et une bouteille de tsingtao dans l'autre!".
Si les raquettes étaient vivantes elles ne voudraient décidement pas être dans les mains de Safin à cause du fait qu'il est bien connu pour en détruire beaucoup dans l'année! Safin confesse pendant cette interview qu'il ne désire
pas changer ses habitudes et qu'il est aussi incapable de le faire ! "Mais chaque raquette est chère!" protesta le journaliste! Safin rétorqua avec malice "C'est les sponsors de toute facon..." ! L'autre grande habitude de
Marat est de boire de la bière! Spécialement du tsingtao ! Quelques années auparavant à Hong Kong il a découvert la bière et l'a immédiatement adoptée et est devenu un grand et loyal amateur de Tsingtao " Beaucoup de personnes
ont vraiment insisté pour que j'arrête de boire et au debut j'étais d accord avec ça, mais après j'ai découvert que boire de la bière ne changeait pas mon physique et donc j'ai pris l'habitude de boire de la bière tous les jours ! "
Marat Safin parle du tennis en ces termes "J'aime vraiment le tennis parce que ça apporte des émotions intense et me permet de réaliser mes rêves! En même temps ça apporte aussi une certaine sécurité financière ! Mais
honnêtement je ne cherche pas une vie comme ça! Je vais vous confier un secret ! Mon plus grand rêve est d'être capable de tenir un enfant dans une main et une bouteille de Tsingtao dans l'autre! Peut être que si ce jour arrive je serais finalement capable d'aimer pleinement la vie!".
INTERWIEW DE MARAT après le 2e tour de Roland Garros. Son match a été coupé pour cause d'obscurité et a repris le lendemain matin. Suite à un point gagné très difficilement sur une magnifique amortie, Marat baisse son short de joie (mdr), ce geste lui vaut un point de pénalité. Interwiew d'après match...
Q. Hier soir, avez-vous pu dormir ou avez-vous tourné dans votre lit ?
R. J'ai bien dormi. J’avais eu un bon traitement. (Rires)
Q. Et aujourd'hui, vous n’avez pas eu beaucoup de problèmes ?
R. Je crois que j'ai eu de la chance. J'ai saisi les bonnes occasions et j'en ai profité.
Q. Il y avait une foule dense, non ? Je devais être debout pour voir, mais ça valait la peine.
R. C'était sympa.
Q. Vous êtes un masochiste ? Vous auriez pu terminer en 3 sets et rentrer à la maison pour un bon petit dîner.
R. J'ai fait de mon mieux, mais je n'y suis pas arrivé. J'ai cherché à abréger, mais je n'y suis pas arrivé parce qu'il a vraiment très bien joué. Il a vraiment fallu que je bagarre. Cela a vraiment posé problème. J'étais très accroché. Je suis content d’avoir décroché le match même si c’est en cinq sets.
Q. Dans la longue histoire des grands matches de SAFIN le fou, c'est le numéro 1 ?
R. Oui, probablement. Ce match-là remporte la palme.
Q. Avez-vous pensé à ce qu'il serait arrivé si vous perdiez ce match ?
R. Je n'ai pas voulu y penser. Mais nous avons tous les deux très bien joué. C'était une situation étrange. C'était de toute façon dommage de perdre un match comme celui-là avec toutes les occasions que j'avais eues. Le fait que le match ait tourné comme il a tourné, le fait que le public m’ait appuyé m'a fait penser que j'allais m'accrocher et réagir.
Q. Vous ne songez pas à la retraite ?
R. Pas encore, c'est trop tôt.
Q. Que s'est-il passé au filet ? Il y a eu un incident. Vous avez touché le filet ? Cela a été un des moments les plus intéressants. Vous auriez pu le gagner. Que s'est-il passé ?
R. Quand ?
Q. Le point au filet. Vous avez eu un avertissement.
R. J'étais en train de descendre mon short.
Q. Mais vous avez gagné le point.
R. Oui.
Q. Vous gagnez toujours le point quand vous descendez le short !
R. Cela donne deux points ! (Rires) Sérieusement, c’était vraiment terrible. Carlos et le superviseur sur le court, Mike Morrisey, ils ont détruit, ils ont essayé de détruire le match. Juste Bruno arrive et ils montrent qu’ils sont là, assis sans rien faire ; ils montrent qu’ils ne savent pas ce que c'est que le tennis, qu’ils sont au-dessus des joueurs. J'ai eu un point de pénalité ce qui est ridicule.
Q. Est-ce que vous avez touché le filet à 0/40 et puis à 15/30 ?
R. Non. C’était 0/30 et à ce moment-là, il y a eu le point de pénalité. C'est vraiment dommage. Je crois que ces gens-là ne devraient même pas être ici. C'est vraiment dommage que des gens comme ceux-là gèrent...
Pourquoi riez-vous ?
Q. Parce que vous avez baissé votre short.
R. Je vous apporterai la vidéo pour que vous voyez.
Q. Ce point de pénalité, est-ce dû au fait que vous avez baissé votre short ?
R. Je ne pense pas. Personne ne s’est plaint. Tout le monde avait l’air d’accord. Ce n’était pas si grave. Mais Je ne sais pas pourquoi. Tous ces gens comme l’arbitre de chaise, le superviseur du court, qu’ils arrivent comme ça pour détruire le jeu juste pour montrer qu’ils sont là, ça prouve vraiment qu’ils n’y connaissent rien dans le tennis. C'est vraiment dommage que le tennis soit malmené de cette façon.
Q. Quel était le problème ?
R. J’ai baissé mon short.
Q. Pourquoi avez-vous baissé votre short ?
R. Je ne sais pas pourquoi je l'ai fait. Parce que, parce que, parce que je l’ai fait... C’est arrivé comme ça !
Q. Certains joueurs, lorsqu’ils jouent un bon point, lèvent le poing en l’air, mais je crois n’avoir jamais vu quelqu’un baisser son short en l’honneur d’un point extraordinaire. Que s'est-il passé dans votre tête pour vous baissiez votre short ? >
R. Vous allez me poser cinq fois la même question et je vous répondrai toujours pareil : je ne sais pas, j’ai eu envie de le faire parce que c'était un excellent point. Et alors ? Qu’avez-vous à en dire ?
Q. Cela sème un peu la confusion.
R. Confusion ! Pourquoi ? C’est comme ça dans le monde du spectacle, on essaie de rendre les choses drôles. Le stade était plein et je crois que nous, nous avons fait un fantastique spectacle. Nous avons joué un excellent tennis pendant quatre heures, et du fait de cet incident voilà comment nous sommes traités par les gens de l’ATP. Pensez-vous réellement que ce soit juste ?
Q. Il faudra que j'y réfléchisse.
R. Il faut que vous y réfléchissiez...
Q. Vous dites que le tennis fout le camp parce que les gens ne s'amusent plus ? C'est ce que vous voulez dire ?
R. Ils font tout ce qui est possible pour enlever le côté divertissant. Vous ne pouvez pas faire cela, vous ne pouvez pas faire ceci. Vous n’avez pas le droit de parler quand vous voulez. Je pourrais donner beaucoup d'exemples, mais je ne veux pas entrer dans les détails.
On perd toute la dimension du spectacle, du jeu. Cela devient ridicule. De mon point de vue, je me mets dans la peau du spectateur, je trouve cela tout à fait dommage. La façon dont les choses sont gérées me paraît ridicule. Tout le monde aime ce sport. Je suis là parce que j'aime cela, cela me fait plaisir. Je donne tout pour le tennis, soyons clair. L'ATP réagit comme elle réagit. Cela me paraît tout à fait dommage. Chaque année, c'est pire. Je ne sais pas où on va aboutir, mais cela ne peut pas continuer ainsi. Il va falloir qu'il y ait un changement, et un changement radical, et très bientôt.
Q. Il y a eu l'histoire de Monte-Carlo à propos de SCHUETTLER qui a pris une photographie de la marque de balle. Il a eu un point de pénalité pour cela.>
R. Oui. Monte-Carlo est un bon exemple. C'est vraiment dommage, c'est vraiment triste de voir que personne ne fait rien pour sauver ce très grand sport qu'est le tennis. Il est vrai aussi que personne n'a le courage ou le pouvoir de faire quelque chose et de recommencer presque à zéro, de remettre les pendules à l'heure en quelque sorte. Voilà ce qui se passe.
Q. Les deux champions de l'an dernier ont disparu. Beaucoup de têtes de série ont disparu. Les pantalons se baissent. Est-ce un Roland Garros fou ou habituel ?>
R. C'est du tennis. En tennis, ces choses-là arrivent. C'est l'essence même de ce sport. Quoi que l'on fasse, le tennis restera le tennis. Vous verrez de grands matches, avec de nouveaux joueurs qui apparaîtront.
Q. Que pouvez-vous dire de votre tennis à l'heure actuelle ?
R. J'essaie de me remettre de ce genre de match pour reprendre confiance en moi, pour jouer de mieux en mieux. Je dois dire que je vais voir ce qui se passera au match suivant. J'espère que j'aurais plus de chance, que je jouerai encore mieux. Je n'attends pas des résultats fantastiques. Je prends un match après l'autre. C'est tout. Lentement, mais sûrement je progresse.
Q. Dans certains cas, vous faites une faute toute simple, vous perdez 3 jeux d'affilée. Ne pourriez-vous pas être plus indulgent avec vous-même ?
R. Je suis comme cela, vous n'allez pas me changer. C’est moi, je suis comme ça. Cela explique aussi que je ne serai à ce niveau-là si je gardais tout par devers moi, je ne progresserais pas.
Q. Demain, vous jouez contre STARACE. En savez-vous un peu plus que nous sur ce joueur ?>
R. Pas-grand-chose. Je l'ai vu s'entraîner à Rome. J'ai vu qu'il avait un jeu très complet, coup droit, revers, service. Il vient de battre GROSJEAN. Il sera en pleine forme demain. Ce sera certainement un match très accroché pour moi. Il va falloir que je joue très bien parce qu'il est plein de confiance en lui, c'est évident.
Q. Pendant le match contre MANTILLA, avez-vous eu le sentiment que MANTILLA appelait le physiothérapeute, au cinquième set, pour vous rendre nerveux ? Vous lui avez dit quelque chose, j'ai cru voir.
R. Non, je ne lui ai rien dit. J'ai dit quelque chose à l'arbitre de chaise. J'ai dit à l'arbitre ce que je pensais. Je pensais qu'il méritait qu'on lui dise cela.
Q. Vous nous dites qu’il faudrait des changements dans ce sport. Pensez-vous être chef de file ?
R. Non. Je voudrais simplement que les gens comprennent ce qui se passe, c'est tout. Personne n'a rien dit avant. Je sais que tout ce que je suis en train de vous dire va me poser des problèmes. En tout cas, c'est très possible. Cela va probablement me créer des problèmes de programme, de courts sur lesquels on va me mettre etc. Cela m’est égal.
La presse, elle aussi, pourrait être mieux traitée. On passe son temps à dire que les joueurs ont tort, qu'ils font ceci ou cela. C'est toujours la faute des joueurs. Ce ne sont pas les joueurs, les joueurs font leur travail, ils font ce qu'ils ont à faire, ce qu'ils peuvent faire. Si vous n'avez pas des gens, dans l'équipe, qui gèrent ce sport, qui s'y connaissent vraiment, qui donnent la possibilité aux joueurs de faire ce qu'ils peuvent et veulent faire, le sport est complètement dans un carcan. Ces points de pénalité par exemple, personne ne comprend ce qui est bon pour le public. Vous avez un stade plein, et les gens sont là aussi pour un spectacle.
Q. Je me pose des questions sur votre moustache et votre barbe. Est-ce pour faire un clin d'oeil aux Mousquetaires ?
R. Non. Cela me porte chance. Je me raserai quand j’aurai perdu.
Q. Avez-vous parlé à MANTILLA aux vestiaires, après ?
R. Non. Probablement veut-il me tuer... A propos de quoi ?
Q. C’est ce qu’il vous a dit ? >
R. Non. Il n’a pas eu de chance, c'est tout. Et je le lui ai dit.
Q. Quelle va être l'amende pour l'histoire du pantalon ?
R. Je n'en sais rien, cela m'est égal. Cela n'a pas de prix de toute façon.
Q. Est-ce quelque chose que vous avez déjà fait précédemment ou est-ce que cela a été une inspiration du jour ?
R. Non jamais. C'était un point qui méritait cela.
Q. Vous êtes avec votre 373e entraîneur. Ne vous êtes-vous jamais dit que si vous restiez avec le même entraîneur, vous pourriez avoir un jeu plus régulier et plus constant ?
R. Peut-être ce serait le cas.
Q. Pourquoi ne l'avez-vous pas fait, alors ?
R. Ne me demandez pas. Beaucoup de gens ne veulent pas travailler avec moi comme CHESNOKOV, VOLKOV. Je n’avais personne avec qui voyager. J’ai toujours dit qu’il y avait VOLKOV et CHESNOKOV, mais au moment des voyages, j’étais avec mon manageur, je n’étais pas avec des entraîneurs. Je n'ai eu réellement que 3 entraîneurs.
365 entraîneurs, c’est ça que vous essayez de me dire ?
Q. Je ne peux pas me souvenir des autres 365.
R. Tachez de vous en souvenir la prochaine fois.
Q. Vous avez dit que les décideurs étaient en train de supprimer le côté amusant du sport. Je sais que vous êtes un grand fan de football, et les arbitres dans le football donnent aussi des cartons jaunes. Avez-vous l'impression qu'ils essaient de prendre le dessus par rapport aux joueurs ?
R. Dans notre sport, oui. Sans aucun doute.
Q. Pourquoi ?
R. Il faut leur poser la question à eu, pas à moi ! Ils vous donneront certainement de très bonnes raisons qui, à mes yeux, seraient des excuses d'ailleurs, des excuses un peu ridicules probablement.
Article tiré du site EUROSPORT
"Sur terre, il faut jouer"
Après de nombreuses blessures, Marat Safin a réussi un superbe retour en 2004. Le Russe, qui peine un peu en ce moment, a donné un coup de fouet de Cosaque au circuit ATP en réussissant un Open d'Australie exceptionnel. Avant Roland-Garros, son tournoi favori, il donne une interview sans concession.
OPEN D'AUSTRALIE 2004
"Je comprends que personne ne s'attendait à ma performance après une si longue absence mais ce n'est pas vraiment difficile psychologiquement ni physiquement. On repart simplement de zéro."
"Mon plus grand souvenir restera le match contre Agassi. Je gagne les deux premiers sets, je perds les deux autres, et je reviens dans le cinquième. Un des meilleurs matches de ma carrière !"
WALT LANDERS (préparateur physique)
"Nous avons bien bossé mais rien de particulier. Je déteste quand les gens s'emballent à ce propos. En Australie, cela m'a vraiment énervé. "Il (Walt) a sauvé ma carrière, il a fait des miracles", c'est stupide de dire ça et de retrouver ça partout. Il n'y pas de miracle. Personne ne m'a sauvé, je n'ai rien fait d'exceptionnel pour revenir. J'ai fais l'effort, j'ai pris sur moi et j'ai fais ce que j'avais à faire."
Peter LUNGREN (Nouvel entraîneur)
"J'ai changé d'entraîneur parce que Dennis était mon ami et que mélanger le plaisir et le travail n'était pas une bonne idée. Peter (ancien coach de Roger Federer) était libre..."
"Quand on a 24 ans et qu'on est devenu joueur pro à 17 ans, on peut améliorer certaines choses mais ont ne peut pas changer la technique. C'est un travail plus psychologique."
LES AUTRES ENTRAÎNEURS
"On prend un peu chez chacun. Mon premier "coach", qui était Espagnol, m'a amené de rien à quasiment n°1 mondial. Sacha Volkov m'a apporté une vision différente. Chesnokov m'a permis de retrouver ma confiance alors que je ne voulais plus jouer. Avec Wilander, nous n'avons pas beaucoup travailler ensemble."
ROLAND-GARROS 1998
"C'était génial, une grande expérience. Je ne m'attendais pas à jouer aussi bien, surtout contre Agassi et Kuerten. Les gens diraient "le rêve est devenu réalité" mais ce n'est pas vrai, on le mérite ! "
"Quand j'ai perdu en demi-finale face à Ferrero, j'étais déçu. Mais je pense que j'aurais d'autres opportunités de remporter ce tournoi, car c'est mon tournoi favori. Je me régale vraiment."
LA TERRE BATTUE
"Il faut gagner les coups sur terre. Sur dur, si vous avez un gros service, 50u boulot est fait. Sur terre, vous servez de la même manière, mais le joueur d'en-face remet la balle dans le court. Alors il faut élaborer une tactique, une stratégie et essayer d'être le plus intelligent pour faire le point. Il faut le battre, et plus seulement réussir des coups gagnants... Là, il faut jouer..."
LES JEUX OLYMPIQUES
"C'est bien de jouer pour son pays. Et puis tout le monde vit dans le village, l'atmosphère est intéressante. On rencontre des sportifs célèbres. Les meilleurs dans chaque sport, cela vaut le coup !"
"Kafelnikov détient le titre. Je vais faire de mon mieux. L'emploi du temps ne sera pas facile pour nous. Nous serons aux Etats-Unis, puis nous nous envolerons en Grèce avant de revenir aux Etats-Unis. Gagner une médaille d'or n'est pas le but le plus important de ma carrière mais si je gagnais, je serais le plus heureux du monde ! "
LES J.O. ET LA SECURITE
"Allons... Il ne faut pas trop en faire à ce sujet. Pourquoi cela serait-il dangereux d'aller en Grèce ? Parce que les Américains l'ont dit ? Les Américains sont partout dans le monde, alors pourquoi cela serait plus dangereux en Grèce qu'ailleurs ? Je ne pense pas que ce soit dangereux. Je pense que c'est génial. Tout le monde sera en vacances et je suis sûr que c'est un pays accueillant."
Article tiré du magazine SMATCH , mai 2000: SUR LA ROUTE DE LA GLOIRE ET DE L'ARGENT...
On est en hiver 1987. Marat Safin, sept ans, vient de finir l'école et se rend, comme presque chaque après-midi, avec sa mère au renommé club de tennis du Spartak de Moscou. Rausa Islanova-Safin, une des meilleures joueuses de tennis russe de l'époque, prend en charge les inévitables deux heures d'entraînement quotidien. Sur un court annexe, une petite fille répondant au nom d'Anna Kournikova s'adonne à la même activité.
Ceux qui observent les deux enfants évoluer sur le court s'aperçoivent vite qu'ils disposent d'un talent certain et qu'ils frappent la balle avec une incroyable légèreté et une puissance bien supérieure à celle de leurs camarades du même âge. Lorsqu'ils jouent contre Anna, les garçons n'ont généralement guère de chance de faire bonne figure. Ce n'est pas le cas de Marat. Anna Kournikova n'a même pas trop envie de jouer contre ce garçon qui est déjà très grand pour son âge. "Elle avait sûrement peur de mon puissant service", précise Marat Safin en riant. Les deux champions n'entretenaient par ailleurs pas de relations très étroites. "A l'époque, je ne pouvais pas tellement m'intéresser aux filles."
Aujourd'hui, il considère ses rapports avec sa jolie compatriote comme collégiaux. "Lorsque nous nous rencontrons sur le circuit, nous échangeons volontiers quelques mots en russe." A l'instar d'Anna Kournikova, Marat Safin a rêvé très vite d'une carrière de tennis professionnel. "Ma mère me parlait souvent de ses voyages à l'étranger à l'occasion de tournois et des grandes villes comme Paris, Londres et New York qu'elle avait pu visiter. Tout cela paraissait passionnant de sorte que j'ai décidé de m'entraîner très dur pour être un jour un bon joueur de tennis russe et pouvoir moi aussi me rendre à l'Ouest."
En été 1993, l'empire soviétique s'est effondré depuis un certain temps déjà. Le chaos politique et le manque chronique d'argent conduisent le tennis à la ruine même dans une métropole comme Moscou. Presque toutes les semaines, des clubs de tennis ferment leurs portes parce qu'ils n'ont plus d'argent pour payer le chauffage ou la lumière. Le tennis devient presque inabordable pour un citoyen normal. Une heure de location sur un des 30 courts ouverts de Moscou encore utilisables coûte un tiers du salaire mensuel moyen. Pour acquérir un bon équipement de tennis, il faut même l'équivalent de quatre salaires. Marat Safin est donc conscient de la valeur d'une raquette ou de chaussures de qualité. "Et même si tu avais assez d'argent, tu ne pouvais pas aller simplement comme ça dans un magasin de sport et t'acheter une nouvelle raquette" se souvient le Russe. "Il était fréquent d'avoir des délais d'attente de plusieurs mois."
La mère de Marat se rend alors compte que la carrière de son fils n'a plus d'avenir à Moscou, et ce d'autant plus que le club de tennis local n'offre plus de bonnes conditions de jeu. La chute de l'empire soviétique a aussi eu des conséquences pour le club de tennis dont le père de Marat est directeur. Rausa Islanova-Safin décide alors de se rendre en Espagne avec Marat pour que son amie Maria Pasqual, ancienne responsable du tennis féminin espagnol, puisse juger le potentiel sportif de son fils aîné. Maria se monte très enthousiaste. Elle se met même immédiatement à la recherche d'un sponsor qui serait d'accord d'assumer les frais de séjours de Marat à l'académie de tennis de Valence.
Un banquier suisse se déclare tout de suite prêt à financer la carrière de tennis du jeune talent russe. Marat Safin n'a pas le droit de citer de nom. "Mais je suis encore reconnaissant aujourd'hui pour le soutien qu'il m'a apporté à l'époque."
Trois semaines plus tard, sa mère retourne en Russie auprès de son mari et de sa fille de sept ans, Dinara, qui entreprend également une carrière de tennis professionnel sous la houlette de sa mère. Marat continue d'habiter Valence chez un professeur à la retraite. Il suit une formation scolaire dans le cadre de l'académie et pratique tous les jours son sport favori sur des courts de terre battue sous la direction de son nouveau coach, l'Espagnol Rafael Mensa. "Il m'est souvent arrivé de pleurer la nuit", se souvient Marat, "car ma famille me manquait beaucoup." En six mois, tout s'est cependant arrangé. "J'ai appris l'espagnol et je me suis fait des amis à l'académie parmi les autres joueurs. Et puis la situation sportive devenait elle aussi prometteuse. En 1996, j'ai gagné déjà plus de 50 points ATP en me classant au troisième et au quatrième rangs finaux de tournois satellites espagnols."
En été 1997, on annonce à Marat Safin au milieu d'un entraînement qu'il doit rentrer en Russie parce que son sponsor ne peut plus financer son séjour à l'académie pour des raisons de politique économique. "Le monde s'est alors écroulé pour moi", se souvient-il. "Depuis quatre ans, je m'étais habitué à la vie en Espagne. Je savais d'autre part que les conditions d'entraînement pour un joueur de tennis ambitieux n'étaient pas toujours les meilleures en Russie."
De retour dans son pays, il prie l'agence de management sportif IMG de le soutenir financièrement et de l'aider à revenir dans sa nouvelle patrie, l'Espagne. Les responsables d'IMG sont conscients du talent de Safin et le prennent sous contrat. Dès l'année suivante, il justifie la confiance placée en lui en atteignant le quatrième tour à Roland-Garros et à l'US Open ainsi qu'en se hissant parmi les 50 premiers du classement mondial.
Andre Agassi a été l'une des premières victimes de choix de Marat Safin. "Ce jeune homme joue très vite et très plat. Il y a encore d'autres joueurs qui vont souffrir avec lui s'ils ne parviennent pas à le maintenir sur la défensive", a ainsi déclaré le champion américain après sa défaite dès le premier tour à Paris. Dans cette même ville, on a droit à une nouvelle confrontation entre ces deux chouchous des jeunes filles lors de la finale du tournoi Super9 de Paris-Bercy. Safin a dominé auparavant dans l'épreuve Gustavo Kuerten, Jim Courier et Michael Chang. Mais Andre Agassi se révèle cette fois le plus fort . Au tournoi de Boston, il a pu fêter quelques mois auparavant le premier titre de sa carrière professionnelle.
rg 2000
Interwiew de COURT CENTRAL (Mars 2004)
(Merci beaucoup à Chachou qui m'a permis de copier/coller cette interwiew, ce qui m'a évité la dure tâche de la retaper...N'oubliez pas d'aller faire un tour sur son site qui figure dans les liens: le site de natasha...)
On ne vous a pas beaucoup vu l’an dernier puisque vous étiez blessé pendant plus de six mois. Comment avez-vous occupé votre temps en dehors de courts ?
En réalité, je ne pouvais pas faire grand-chose, car j’allais de médecin en médecin pour savoir de quoi je souffrais exactement au poignet. J’ai donc dû demander l’opinion d’un bon nombre de spécialistes, avant de finir par savoir ce que j’avais. Mais déjà, on entrevoyait la fin de la saison. C’était au moins d’août, et je n’ai pas véritablement eu le temps d’effectuer un retour digne de ce nom.
Vous avez quand même disputé quelques tournois à la fin de la saison, sans parvenir à remporter le moindre match…
C’est vrai, c’était difficile. Car j’avais peur de me faire mal. Je craignais inconsciemment d’aggraver ma blessure. J’ai donc joué à 50e mes possibilités, sans être dans une forme physique adéquate, car je n’étais plus habitué à disputer des matchs. Puis j’ai décidé d’arrêter une fois pour toutes et de prendre des vacances. C’était la meilleure chose que je pouvais faire à ce moment-là.
Rester ainsi éloigné du circuit a dû être vraiment frustrant…
Non, je ne dirais pas que c’était une expérience frustrante. Car sans cela, je n’aurais pas pu avoir la perspective que j’ai eue à cette période-là. C’était une très bonne expérience qui m’a fait prendre conscience de certaines choses que je ne pouvais pas voir en restant sur le circuit. En alignant les tournois, vous êtes tout le temps en voyage, et vous n’avez pas le temps de vous arrêter et de réfléchir un peu.
Y a t-il eu une personne ne particulier qui vous a aidé moralement pendant cette période ?
Non, pas une ne particulier. Mais c’est important de sentir qu’on a des amis qui croient en vous. Des gens qui vous aiment pour ce que vous êtes. Et qui s’en foutent de savoir si vous êtes un joueur de tennis ou pas. Parfois, ils peuvent être de bon conseil. Et encore une fois, ça fait réfléchir.
Cette réflexion vous a t-elle permis de voir autrement votre vie de joueur de tennis ?
Oui, sans aucun doute. Je suis persuadé que beaucoup de joueurs professionnels jouent sans réellement savoir ce qu’ils font et pourquoi. Ils voyagent sans arrêt, et n’ont pas le temps de penser à eux-mêmes. Peut-être est-ce une bonne chose pour eux, je n’en sais rien, mais je peux vous dire qu’en ce qui me concerne, j’ai bien fait de prendre le temps de la réflexion. De décider de la manière dont je voulais organiser ma vie de joueur, mon calendrier, et ce qui me plaisait. Je me connais mieux maintenant.
Vous ne vous sentez donc pas à nouveau capable d’adopter l’attitude d’un Pete Sampras qui, pendant des années, n’a pensé qu’au tennis 24 heures sur 24 ?
Mais c’est impossible. Parfois il faut prendre des vacances. Il y a une vie en dehors du tennis, même en pleine carrière. C’est obligé. Personne ne le peut. Même Pete, je ne crois pas qu’il ne vivait que pour ça. Mais comme il était calme, discret, et ne sortait pas beaucoup, il donnait cette image de lui, à mon sens déformée. Mais il savourait la vie à sa manière. D’autres personnes en revanche aiment sortir. Pourquoi pas ? Nous somme jeunes, et nous avons envie de vivre un peu. Ce n’est pas ça qui va nuire à notre tennis. Pas si on sait trouver le juste équilibre.
En dehors du tennis, quelles sont les choses que vous aimez faire ?
Des choses normales. Sortir avec mes amis comme une personne normale. Car vous savez, mes amis me manquent lorsque je suis sur le circuit. Alors j’aime les retrouver. Des amis de Moscou avec lesquels je me sens bien. On sort, on va au cinéma. Rien de particulier, en fait. Mais ça me suffit pour être heureux.
Vos meilleurs amis sont-ils pour la plupart des gens que vous avez connus en Russie avant de vous lancer sur le circuit ?
Oui, enfin il y a de tout. J’ai des anciens amis d’école, d’autres amis de l’époque, et puis aussi de nouveaux amis. Ca fait partie de l’évolution de la personne. On évolue aussi en dehors du circuit.
Avez-vous pris conscience d’erreurs que vous auriez commises par le passé ?
Mais c’est pareil pour tout le monde ! Lorsque vous atteignez un certain âge, vous regardez en arrière et vous vous dites : « Tiens, si j’avais dix-huit ans, je ferais ceci ou cela différemment. »
C’est en commettant des erreurs qu’on gagne en maturité. A 24 ans, je peux critiquer ma façon d’agir à 18 ans. Mais pour prendre conscience de cela, j’ai dû passer par certaines étapes. Ca fait partie de la vie. Chacun avance à son propre rythme.
Quel effet cela vous a t-il fait de voir des joueurs de votre génération comme Ferrero, Federer ou Roddick gagner des grands titres en 2003 ?
Ils l’ont mérité. Ils ont d$u bosser très dur pour en arriver là. Regardez Roddick qui a fini l’année numéro 1 : il a changé d’entraîneur, revu sa façon de travailler, et ça s’est révélé payant. Pour ma part, je traversais une étape différente de ma vie. Je ne pleurais pas toutes les nuits parce que Ferrero a gagné Roland-Garros ou que Federer a gagné Wimbledon et le Masters. Tandis qu’ils gagnaient ces grands titres, moi j’étais bien loin de tout cela. Le temps viendra où j’aurai à nouveau ma chance.
Vous venez de perdre la finale de l’Open d’Australie face à Roger Federer. Etait-ce là le match de trop, à la fin de la quinzaine particulièrement éprouvante ?
Oui, j’étais un peu trop fatigué pour soutenir son rythme. Pour cela, il aurait fallu que je sois là du début à la fin. Et il me manquait un petit quelque chose. J’aurais eu besoin d’un petit peu d’énergie supplémentaire pour lui tenir tête. J’ai eu ma chance dans le premier set. Si j’avais réussi à faire la différence dans cette manche, le scénario aurait été différent. Je l’ai perdu, il a pris confiance, et c’est devenu trop dur pour moi.
Reste cette quinzaine qui va sans doute vous donner une belle dose de confiance pour le reste de la saison…
Oui, c’est quand même super pour moi. Jamais je n’aurai pensé me retrouver en finale, après ce qui s’est passé l’an dernier. J’ai battu de très bons joueurs et j’aurais d’autres occasions de battre Federer à l’avenir. Vous savez, je ne veux pas me flageller parce que j’ai perdu un match contre lui. Ce n’est pas un clampin. Il est tout de même numéro 1 mondial, excusez-moi de le rappeler.
Que vous inspire l’arrivée de votre sœur cadette Dinara sur le circuit féminin ?
Ma sœur se débrouille bien. Elle suit son chemin. Et j’espère qu’elle va continuer dans la bonne direction. Elle aura bientôt 18 ans ; elle est donc encore jeune. Mais elle va d’ici peu de temps devoir prendre des décisions par elle-même. Elle va devoir commettre des erreurs pour évoluer. Car lorsque quelqu’un d’autre prend les décisions pour vous, vous ne pensez pas, donc vous n’évoluez pas. Et il faut qu’elle évolue. A partir de là, elle ira loin.
Lui donnez-vous des conseils parfois ?
Non, je ne veux pas lui en donner. Elle doit commettre des erreurs. Je dis ça pour son bien. Du moment qu’elle prend plaisir à jouer au tennis, je serais vraiment heureux pour elle.
Comment analysez-vous la montée en puissance de bonnes joueuses russes ?
On a une très bonne école. Et puis il y a, je ne dirais pas une rivalité, ce n’est pas le terme exact, mais beaucoup d’ambition. Elles sont très ambitieuses. Kournikova leur a montré la voie, et maintenant, les jeunes veulent réussir comme elle. Elle a en quelque sorte été leur héroïne. Elles sont nombreuses sur le circuit de la même génération qu’Anna, la génération 1980-81, qui, l’ayant vu réussir, ont été inspirées. Et puis je dirais qu’il y a de plus en plus d’entraîneurs qui commencent à mieux connaître les exigences du circuit professionnel, car désormais ils voyagent.
Pourquoi y a t-il d’avantage de bonnes joueuses qui émergent dans votre pays ?
Les hommes, c’est une autre histoire. Une histoire que je qualifierais de triste. Car eux manquent d’ambition. Je ne sais pas pourquoi… Peut-être n’y a t-il pas assez de coaches qui comprennent assez bien le tennis masculin. Et pour réussir, il est nécessaire d’avoir des gens qualifiés autour de vous pour vous pousser dans la bonne direction. Aujourd’hui, c’est difficile de les trouver, et je dirais que c’est là une des raisons pour lesquelles nous produisons moins de bons joueurs que de joueuses.
Et vous, aujourd’hui le sentiment de connaître assez le jeu pour vous débrouiller tout seul ?
Oui, je peux me débrouiller seul. Je n’ai pas besoin d’une baby-sitter. Je n’ai pas besoin de quelqu’un qui me réveille à 8 heures du matin et qui me dise de frapper la balle. Cela fait déjà cinq ans que je voyage sur le circuit. En ce moment, j’ai à mes côtés la personne en qui j’ai confiance et qui s’avère être mon meilleur ami, Denis Golovanov. Il connaît bien le tennis, puisqu’il a été classé 140ième mondial, et il me donne certains conseils. Je le considère comme mon entraîneur, et il devrait me suivre sur le circuit cette année. Vous savez, c’est difficile de trouver un entraîneur qui soit disposé à vous suivre 42 semaines par an. Car pour la plupart, les bons coaches ont une famille, et ils ne sont pas prêts à en rester éloignés tout ce temps.
Vous venez d’engager Walt Landers comme préparateur physique, et vous avez travaillé très dur avec lui à Monaco au mois de décembre. Cela signifie t-il que vous allez modifier votre façon d’aborder le tennis, et soigner d’avantage le physique ?
Non pas vraiment. Mais j’ai des problèmes au poignet, d’autres à chacune de mes chevilles. Mon organisme n’est plus le même qu’avant. Je me rends compte que je deviens de plus en plus fragile. Comme vous le savez, j’ai déjà eu des problèmes au coude, des problèmes au dos, et je dois vraiment être vigilant, et prendre bien soin de mon organisme. Je suis grand de taille, et ça comporte quelques inconvénients que je dois compenser en étant attentif à mon physique. J’ai donc besoin de beaucoup de massages, de beaucoup de soins, et de surveiller constamment les points sensibles. Walt est très bon pour cela, et en plus, il m’entraîne sur le plan physique. C’est pratique qu’une seule personne m’aide dans ces domaines. Ainsi, je n’ai pas besoin d’emmener toute une troupe sur le circuit pour s’occuper de moi.
Vos objectifs pour la saison sont-ils de reconquérir le premier rang mondial ?
Oui, bien sûr, tout le monde veut être numéro 1 mondial. Mais ça ne veut pas dire que je vais y parvenir parce que je me le suis fixé comme objectif. La route est longue, et l’année comporte 365 jours. Vous devez veiller à rester constant dans la performance, à rester concentré lorsqu’il faut être concentré, et faire ce qu’il y a à faire, vous entraîner et vous reposer quand il le faut. Bien faire le job, quoi ! Et quand l’opportunité se présente, il faut la saisir. Parfois un ou deux points font la différence dans un match. Ca peut changer une saison voire une carrière !
Estimez-vous qu’il est plus dur pour vous d’atteindre le sommet aujourd’hui qu’il y a quelques années ?
Tant que je n’y suis pas encore arrivé, je ne peux rien affirmer. Je dirais alors que c’est complètement différent. A l’époque, je n’avais rien à perdre. J’étais tout jeune, plein de fougue, je découvrais le circuit, et je ne me souciais de rien. Les compliments pleuvaient, et je trouvais ça normal. Aujourd’hui c’est une autre histoire. Je ne dirais pas que je suis vieux, mais j’ai tout de même 24 ans. Et d’une certaine manière, je dois repartir à zéro. Il y a des gars comme Shuettler ou Coria par exemple qui naviguaient aux alentours de la 30ième place, et qui aujourd’hui se sont installés dans le top 10. Ils jouent super bien, et ils n’ont peur de rien. Ils n’ont pas peur de moi. Je suis le gars qui était absent pendant un an et qui est loin au classement. Il va donc falloir travailler vraiment dur, réussir beaucoup de très bons matches, pour imposer à nouveau le respect.
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